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Manifestation anti-Hadopi: des journalistes, des politiques… et quelques manifestants

la-manif-de-loinManifester, oui. Défiler, non. Ils étaient entre 100 et 300 rassemblés sur le terre-plein central de la place Edouard Herriot, à Paris, juste derrière l’Assemblée Nationale. But de l’opération: dénoncer le projet de loi Création et Internet, dit Hadopi, rejeté par surprise le 9 avril dernier. Strictement encadrés par des CRS, les manifestants anti-Hadopi n’ont pas eu le droit de quitter leur lieu de rassemblement pour aller défiler.

Quelques centaines de personnes pour s’opposer à la loi Hadopi un samedi après-midi, c’est peu. D’autant que parmi eux, on compte une petite cinquantaine de journalistes. Caméras, micros et blocs-notes assaillent les organisateurs et les quelques députés opposés au projet de loi présents.

L’organisateur de la manifestation Jean-Michel Pouré en profite pour pointer les aspects les plus contestés de la loi Hadopi, comme la riposte graduée et les atteintes aux libertés publiques. « La loi va permettre de contrôler tout ce qui se dit et ce qui se fait sur Internet. Nous, nous sommes contre le fait d’espionner de manière préventive. »

alliance-de-la-faucille-et-du-goupilon2Instant magique

L’instant surréaliste de l’après-midi est l’œuvre du député communiste Jean-Pierre Brard et son collègue souverainiste de l’Essonne Nicolas Dupont-Aignan, qui n’ont pas hésité à faire porte-voix commun. Le président de Debout La République opine du chef lorsque que Jean-Pierre Brard cite Lénine en fustigeant le « crétinisme parlementaire », et vice versa quand Nicolas Dupont-Aignan fait référence au général de Gaulle. « N’ayez aucun complexe! Téléchargez! Téléchargez! », entonne le député de l’Essonne.

« Notre arme, c’est de faire durer le débat », explique Jean-Pierre Brard, alors que la loi Hadopi doit faire son retour à l’Assemblée Nationale le 29 avril pour une deuxième lecture. A quelques mètres, le député PS de Paris Patrick Bloche essaye de faire oublier les cafouillages de son parti sur Hadopi, que les sénateurs socialistes avaient validée avant que leurs camarades députés ne fassent capoter l’adoption du projet de loi. « Les sénateurs ont finalement voté contre en commission mixte paritaire, ce qui montre qu’ils bougent sur la question ».

discussion

Si tous les manifestants présents sont opposés à la loi Hadopi, ils ne sont pas forcément d’accord sur le système qu’il faudrait mettre sur pied pour la remplacer et protéger le droit d’auteur. « A l’origine, j’étais pour la loi Hadopi », explique François, producteur. « Je me disais qu’il fallait faire quelque chose contre le téléchargement illégal. Mais finalement, je pense qu’il y a d’autre solutions comme la licence globale. » D’autres, comme Yves-Marie, informaticien, préféreraient conserver le système actuel en cassant les prix du téléchargement légal pour le rendre vraiment attractif. « Moi, je ne veux pas payer un à deux euros pour un morceau qui devrait n’en coûter que 10 centimes d’euro. » Et dans l’hypothèse où la loi serait adoptée, puis appliquée, certains comptent déjà sur des solutions plus radicales. « De toute façon, le serveur OVH, qui abrite Hadopi, sera attaqué dans les dix minutes qui suivront sa mise en service… »

JR et JBD

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Les intérimaires, au coeur de la lutte pour la régularisation des travailleurs sans papiers

«On bosse ici… On vit ici… On reste ici…» Tel est le message qu’ont voulu faire passer plus de 200 manifestants, rassemblés sur la place Saint Michel (5ème) à Paris, ce mercredi 15 avril. Ils étaient réunis pour fêter le premier anniversaire de la lutte des travailleurs «sans papiers», et surtout dénoncer les lenteurs de l’administration française à accorder titres de séjours et autorisations de travail.  A l’origine de cette manifestation, l’Union syndicale de la CGT d’Ile-de-France, dont les drapeaux rouges flottaient au-dessus de la foule. Sur les banderoles, on pouvait lire: «Régularisation pour tous les sans papiers» ou encore «Travailleurs français et immigrés, égalité des droits». 

Tout a commencé exactement douze mois plus tôt, avec une grève de salariés sans-titres de séjour. «Ils étaient 200 grévistes au départ. Au final, on a eu plus de 1.500 régularisations!» a insisté Francine Blanche, secrétaire de la CGT chargée des droits des travailleurs. De plus, 500 salariés dits «isolés» car ils ne pouvaient pas manifester, ont également été régularisés. Depuis, des progrès ont été faits : tous les salariés vivant en France depuis cinq ans et travaillant depuis un an peuvent prétendre à la régularisation. Autre conquête: une note ministérielle datée du 2 décembre 2008, qui précise les critères applicables aux salariés intérimaires.

La question de l’intérim était en effet au cœur du débat, ce 15 avril. Selon un communiqué de l’Union Syndicale de l’Intérim (CGT),  les intérimaires d’Adecco, Vediorbis-Randstad, ManPower, Triangle ont obtenu que les dirigeants des agences remplissent les Cerfas [formulaires administratifs] pour engager la procédure de régularisation. Mais du côté d’entreprises comme Bouygues et Veolia, rien de tel.

Souleyman, un Sénégalais de 25 ans, habite en France depuis deux ans et travaille «au noir», parce qu’«il n’a pas le choix». Sa demande de régularisation n’a toujours pas abouti.  Malgré le cadre légal fixé par la note ministérielle du 2 décembre, les Préfectures continuent le blocage administratif en refusant des dossiers. A titre d’exemple, «des autorisations de séjour sont délivrées sans autorisation de travail», souligne Francine Blanche, qui dénonce ces administrations qui «traînent des pieds».

Linh-Lan Dao

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Journée ordinaire à la Sorbonne…

La rue est encombrée: les camionnettes des forces de l’ordre sont stationnées, professeurs et étudiants sont bloqués à l’entrée, les tracts passent de main en main. Mais à y regarder de plus près, certains tracts, eux, ne sont pas ordinaires. Aujourd’hui, celui qui attire l’attention est d’un genre particulier: signé UMP CAMPUS, il invite les étudiants à «penser par [eux]-mêmes». Lire la suite

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Concert de casseroles devant le Panthéon

«Kling, klang, klong!». Tel a été le chant des casseroles, poêles, bidons d’eau et autres instruments devant le Panthéon, le lundi 30 mars. Les responsables de cette cacophonie? Plus d’une centaine d’enseignants-chercheurs et étudiants mécontents, massés devant le monument français pour dénoncer la réforme mise en place par Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Une scène qui ne surprend plus, au bout de la neuvième semaine de mobilisation.

L’objectif: «Réveiller les Grands Hommes, pour les alerter sur l’état de la recherche et des réformes en cours», a déclaré Dany Lang, maître de conférence en économie à Paris XIII (centre affilié au CNRS). Lire la suite

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Sciences po évacué

Après sciences po occupé mardi, sciences po évacué aujourd’hui. A 17h, cours ou pas cours, tous les élèves ont dû sortir, tous les locaux de sciences po situés à Paris ont été fermés. Alors que la majorité des facs parisiennes font grève, Sciences po était l’une des seules écoles à Paris à rester ouverte. La décision a été prise par la direction de l’école après un coup de fil des renseignements généraux. La police aurait auparavant reçu un coup de téléphone d’un groupe qui menaçait d’occuper à nouveau les locaux. En cette journée de mouvements sociaux, l’école a préféré prendre des précautions pour éviter un blocage comme cela avait été le cas mardi.  Les portes devront rouvrir demain matin.

Aurélie Erhel

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Grève du 19 mars : les perturbations à prévoir

Côté transports : va-t-on tempêter sur les quais de métro ?

Habitués des stations Luxembourg ou Port-Royal, prenez vos précautions ! «Pour le métro ça va rouler quasiment normalement parce que tous les syndicats n’ont pas déposé de préavis de grève», explique le syndicat autonome de la RATP. En effet, seuls la CFDT, la CGT, FO et SUD appellent à cesser le travail, soit 4 centrales sur les huit que compte l’entreprise. Bus et métros devraient donc être réguliers mais le trafic des RER A et B, en revanche, risque d’être assez perturbé : 3 rames sur 4 sont prévues pour la ligne rouge et 1 sur 4 pour la bleue…

Plus de précisions sur le site de la RATP et les horaires du RER B en pdf ici.

Côté déplacements : des camions de CRS à chaque coin de rue ?

Comme souvent, le parcours de la manifestation officielle restera cantonné à la rive droite de la Seine, de République à Nation, en passant par Bastille ou par Voltaire. Cependant le bureau des opérations du commissariat du 5e s’attend à « beaucoup de monde et de bazar » et se prépare à intervenir en cas de besoin. « Normalement il n’y aura pas de rues bloquées, mais nous sommes en position d’attente », prévient Gille Francelle, du commissariat. Parmi les « points chauds » où ses équipes pourraient se poster figurent la Sorbonne, Saint-Michel et Saint-Jacques.

Côté écoles primaires : un « mercredi bis », avec les enfants à la maison ?

Avec environ 48% d’intention de grève, les enseignants des 5e et 6e arrondissements sont globalement moins mobilisés que lors du précédent mouvement. Le 29 janvier, ils étaient entre 53% et 62% à déclarer leur intention de débrayer, selon les chiffres de l’académie. «Nous assistons à un mouvement qui ne gagne pas en importance, bien au contraire, observe Edouard Rosselet, inspecteur d’académie. Pour y faire face nous avons demandé la mise en place du service minimum d’accueil dans 16 écoles : 5 dans le 6e et 11 dans le 5e.» Par un jugement du 2 février, le tribunal administratif a obligé la ville de Paris à assurer le SMA, ce qu’elle se refusait à faire jusqu’alors. Question : qui va s’occuper des enfants si les personnels de la Ville de Paris, censés assurer l’accueil, sont eux aussi en grève ? Dans un communiqué du 12 mars, la municipalité invite donc les parents «à ne pas envoyer leurs enfants à l’école le 19 mars».

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