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Quand les architectes du Grand Paris rhabillent le Quartier Latin

Depuis quelques semaines, d’étranges images de Paris ont fait leur apparition dans nos journaux. Visions baroques peuplées d’immeubles translucides, de métros futuristes ou d’immenses coulées vertes en plein cœur de la capitale, elles ne sont pas le décor d’une superproduction bessonienne, mais peut-être bien le visage du Paris de demain.

Depuis maintenant deux semaines que les 10 projets d’architectes pour le Grand Paris sont exposés à la Cité de l’architecture, les parisiens ont eu le temps de se familiariser avec les ambitions prométhéennes de Jean Nouvel et consort. Mais quid du Quartier Latin dans cette histoire? Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas oublié. Les célèbres architectes Roland Castro et Jean Nouvel, ainsi que le cabinet néerlandais MVDRV ont chacun choisi d’y placer une construction de grande ampleur.

Le premier veut construire une petite tour sur la pointe ouest de l’île de la cité, là où se trouve actuellement le square Vert Galant . Un projet qui ne fait pas l’unanimité: étudiant en architecture, Jean-Hugues déclare «aberrant»: «Cela n’incarne ni la modernité, ni la réhabilitation du centre historique de Paris». Sa conclusion est sans appel : «On veut faire du moderne et c’est raté. Paris ne garde pas sa grandeur historique, alors même que c’est cela qui fait le caractère de la capitale et la distingue des autres grands villes mondiales.» Dans les commentaires du blog de l’association Grand Paris , Dominique Della Valle s’élève lui aussi contre le plan de Roland Castro: «Le projet du grand Paris est séduisant à bien des égards: éradiquer la laideur taguée de bien des paysages de banlieue, valoriser les espaces naturels, désenclaver par des transports en commun, oui, oui, oui. Mais ce matin j’ai eu froid dans le dos en écoutant Roland Castro prêt à nous coller une « petite » tour au bout de l’île de la Cité, au nom de je ne sais quelle modernité iconoclaste. Alors là, la colère me saisit, à la pensée des bulldozers qui violeront cette extrémité sauvage et mystérieuse de l’île, et de la vue désormais shangaïsée que pourtant le monde entier, vient contempler pour l’histoire, la paix, la beauté. Ne laissons pas l’arrogance et la bêtise des architectes abîmer Paris.»

Ce n’est pourtant pas là le seul projet pour l’île de la Cité: Jean Nouvel imagine, lui, un parvis habité devant Notre-Dame. En collaboration avec Daniel Buren, qui qualifie le parvis Jean-Paul II de « place sans âme », il se propose de la peupler de bâtiments et d’œuvres d’art, comme elle l’était selon lui au Moyen-âge.

Le parvis de Notre-Dame vue par Nouvel et Buren

Quant au projet du cabinet néerlandais, il remporte la médaille de la démesure: il s’agit en effet de construire une « Super-Sorbonne » , gigantesque édifice mesurant trois fois la hauteur de la Tour Montparnasse (soit pas loin de 650 mètres de haut). Qu’en pensent les premiers concernés? «C’est sûr que le côté monumental du projet est séduisant», déclare Samuel, étudiant à la Sorbonne. «Mais à l’usage, je ne suis pas sûr que ce soit l’idéal. Pour avoir étudié un an à Tolbiac (autre université déjà pourvue d’une tour de bonne hauteur, NDLR) je sais que ce type de bâtiment a aussi ses problèmes: dés qu’un ascenseurs tombe en panne, ça paralyse tout le monde. Et puis j’avoue que je préfère le charme des vieux bâtiments de la Sorbonne.

La « Super-Sorbonne » de MVDRV Avant de se devenir réalité, le premier défi de tous ces projets sera donc certainement de sortir indemnes de cette bataille des anciens et des modernes nouvelle version

Sarah Benhaida et Dominique Albertini

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Petites cartes postales du passé

Bientôt l’été, la saison des cartes postales. L’occasion d’avoir des nouvelles de notre Quartier latin d’antan, qui nous en a envoyé quelques unes. Nous sommes allés vérifier ce qu’il devenait sur Street View, l’application phare de Google Maps. Confrontations spatio-temporelles.

La place Saint-Michel, vers 1865

La place Saint-Michel, vers 1865

A tout seigneur, tout honneur: on entame ce tour d’horizon par la place Saint-Michel, porte d’entrée symbolique du Quartier Latin. La fontaine règne déjà avec majesté sur ce qui n’est alors qu’un petit lieu de passage pour fiacres et tramways.

La place Saint-Michel, aujourd'hui

La place Saint-Michel, aujourd'hui

Les piétons désinvoltes d’hier y réfléchissent désormais à deux fois avant de traverser la place. La fontaine semble s’effacer derrière le vacarme de la circulation. Ce qui ne déplaira sans doute pas aux Parisiens qui conspuent ce monument de mauvais goût. Le baron Haussmann avait commandé un édifice à Gabriel Davioud afin de combler un espace vide inesthétique. Ce devait à l’origine être une statue de Napoléon, mais le choix se porta finalement sur une représentation de Saint-Michel terrassant le Diable. Dès l’inauguration de la fontaine, en 1860, les quolibets s’élevèrent. Dans son Dictionnaire du Diable, Roland Villeneuve cite ce quatrain anonyme :

« Dans ce monument exécrable,
On ne voit ni talent ni goût.
Le Diable ne vaut rien du tout ;
Saint Michel ne vaut pas le Diable. »
Le 52, rue Saint-André-des-Arts au début du siècle

Le 52, rue Saint-André-des-Arts au début du siècle

Partant de la fontaine Saint-Michel, la rue Saint-André-des-Arts était une petite voie populaire et commerçante, entre les grandes artères haussmaniennes. Elle l’est restée jusque dans les années 1950.

Le 52, rue Saint-André-des-Arts aujourd'hui

Le 52, rue Saint-André-des-Arts aujourd'hui

La même adresse. Les coiffeurs de proximité ont déserté la rue depuis bien longtemps, laissant place à des magasins de mode où on ne rase plus gratis.

La place Maubert

La place Maubert vers 1900

Un petit détour vers l’est pour arriver place Maubert. On la voit ici au début du XXème siècle, avec sa statue d’Etienne Dolet, écrivain et imprimeur du XVIème siècle qui fut condamné pour hérésie et brûlé avec ses livres en 1546, à cet endroit précis. André Breton, dans Nadja, immortalisera ce monument qui plonge son narrateur dans un malaise inexplicable.

La place Maubert aujourd'hui

La place Maubert aujourd'hui

La statue d’Etienne Dolet a disparu. Ce n’est ni un coup de l’Eglise, ni du narrateur de Nadja, ni des urbanistes de la Mairie de Paris. Elle fut détruite sous l’Occupation.

Rue de la Montagne-Sainte-Geneviève vers 1900

Rue de la Montagne-Sainte-Geneviève vers 1900

On remonte la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, jusqu’à apercevoir le clocher de l’église Saint-Etienne-du-Mont, à peu près à l’époque où Huysmans lui consacrait un long passage dans En Route (1895), la décrivant comme l’une des plus belles églises de Paris.

La rue de la Montagne-Sainte-Geneviève aujourd'hui

La rue de la Montagne-Sainte-Geneviève aujourd'hui

Le débouché de la rue est plus large, les murs sont plus propres: les touristes qui viennent photographier le Panthéon ont remplacé les étudiants pauvres qui se saoulaient dans les gargottes de la montagne Sainte-Geneviève, sous l’égide de Pascal et Racine, tous deux enterrés dans l’église Saint-Etienne-du-Mont.

Le Bal Bullier, avenue de l'Observatoire

Le Bal Bullier, avenue de l'Observatoire

Rue Soufflot, boulevard Saint-Michel… on longe le Luxembourg pour arriver à Port-Royal, ce quartier qui, selon Balzac, n’en est pas un. Il l’est encore moins depuis que le Bal Bullier, où le Quartier latin est venu s’encanailler de 1804 à 1940, a été détruit et remplacé par…

Le Centre Bullier du CROUS de Paris

Le Centre Bullier du CROUS de Paris

… ça. Pour les nostalgiques, une brasserie sur le carrefour a repris le nom de cet endroit mythique qui, soyons honnêtes, était sur ses dernières années devenu un bordel plus qu’autre chose. Le fronton du bal, que l’on voit sur la photo précédente, a été détruit. Il y avait écrit dessus « Salvatit et placuit« , « il sauve et apaise ». On ne peut pas en dire autant du CROUS.

Saint-Germain-des-Prés au début du siècle

Saint-Germain-des-Prés au début du siècle

On ne pouvait pas clore cette promenade sans passer par l’endroit qui, peut-être plus qu’aucun autre, symbolise à lui seul la mutation du quartier: Saint-Germain-des-Prés. A l’époque où cette carte postale est éditée, on est encore loin des pétillantes heures du jazz et de l’existentialisme. C’est encore le faubourg Saint-Germain de Marcel Proust et de l’hôtel particulier des Guermantes. Un vieux monde qui s’apprête à mourir, et à laisser place au tumulte d’une jeunesse…

Saint-Germain-des-Prés version 2000

Saint-Germain-des-Prés version 2000

… qui vieillira à son tour.

David Caviglioli

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Wifi, c’est fini…

Les rats de bibliothèque peuvent se réjouir. Finis les maux de tête après de longues journées passées à fureter dans les bouquins. La Sorbonne supprime le Wifi dans ses bibliothèques. Un moratoire a été prononcé sur les bornes des bibliothèques Sainte-Geneviève (dans le 5ème), Sainte-Barbe (dans le 5ème), la bibliothèque des Langues Orientales (7ème arrondissement) et le Centre de documentation de la faculté de Censier (5ème).

Pour pallier l’absence de Wifi, un accès filaire est proposé. C’est déjà le cas à la bibliothèque Sainte-Geneviève, après un coup d’éclat des personnels qui avaient opposé début 2009 leur droit de retrait.

Dounia, qui a l’habitude de fréquenter  Sainte-Geneviève pour réviser ses cours de médecine, assure ne pas voir de réelle différence. « Je n’ai jamais souffert de maux de tête avant, mais dans le doute je trouve que ce moratoire est une bonne idée ». Quand à savoir si la connexion est aussi bonne qu’avec le Wifi, « il y a toujours tellement d’étudiants connectés que la vitesse est toujours un peu basse, mais le « filaire » n’a pas particulièrement ralenti mes connexions », explique-t-elle.

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Photos volées

Ce ne sont pas les photos de Carla Bruni qui manquent, mais celles-ci n’ont jamais été publiées. Rue Dauphine, le domicile du comédien Julien Enthoven, ex-beau-frère de la première dame (qui a eu un fils avec le philosophe Raphaël Enthoven), a été cambriolé le 27 avril. Du matériel vidéo, un appareil photo et, surtout, un ordinateur contenant des clichés de la femme de Nicolas Sarkozy ont été dérobés. La 3ème division de la police judiciaire est sur la piste de ces photos. Ainsi, sans doute, que certains journalistes people.

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Des ados rackettés au Jardin du Luxembourg

Le Jardin du Luxembourg n’est pas aussi calme qu’on le croit. Dimanche 10 mai, une bande de six jeunes a racketté sept ados de 12 à 13 ans, rapporte le quotidien Le Parisien. Les agresseurs, à peine plus âgés, étaient originaires de Montrouge et de Châtillon (92). Ils ont raflé des téléphones, des lecteurs MP3 ainsi qu’une trottinette.

Le scénario est toujours le même. En fin d’après-midi, les ados du quartier ont été abordés par une petite bande. Un d’entre eux les a menacés d’un marteau, un autre leur a tiré les cheveux pendant qu’un troisième les a fouillés.

Les victimes ont aussitôt prévenu les agents de surveillance du parc, qui ont averti la police. Quatre des six agresseurs ont été interpellés dans l’après-midi et placés en garde à vue. Ils comparaîtront devant le tribunal de Nanterre (92). Les deux autres ont été identifiés. Les parents des sept victimes, résidant tous dans le quartier latin, ont déposé plainte.

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Palmarès 2009 des lycées

Le palmarès 2009 des lycées est sorti la semaine dernière. Le Nouvel Observateur en a même fait sa Une. Le taux de réussite au baccalauréat, résultat phare de l’étude, doit être pris avec précaution. Un 99 ou 100% de réussite peut cacher des pratiques discutables comme la présentation en candidats libres des lycéens les moins bons. Il convient donc de nuancer ce résultat avec les autres données notamment le «taux d’accès au baccalauréat», une évaluation de la probabilité d’obtenir le diplôme après une scolarité effectuée entièrement dans un même lycée.

L’Express offre un classement des lycées français sur son site Internet. Le classement des lycées parisiens réserve quelques surprises. Les très prestigieux lycée Henri IV et Louis Le Grand arrivent, respectivement, en 191 et 233 ème place sur un total de 1909 lycées classés.

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Cartier-Bresson ne perd pas son latin

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Mai 1968. Un cortège de CRS en rang serré, boucliers au poing, s’avance sur le Boulevard Saint-Michel. Un des nombreux clichés d’Henri Cartier-Bresson exposés à la Maison Européenne de la photographie, à Paris.

41 ans plus tard. Sur le Boulevard Saint Michel, les CRS sont toujours là, le Quartier latin est toujours un haut lieu de la contestation estudiantine.

En période de vacances scolaires, les CRS trouvent le temps de guider les touristes. Une occupation qui les change des affrontements avec les étudiants.

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