La tête, l’œil et le cœur façon Cartier-Bresson

dscn49635 Avenue du Maine, Paris, 1932. Un homme assis dans un café regarde la rue. Henri Cartier-Bresson passe par là et l’immortalise.

L’objectif du Français se pose avec respect et tendresse, c’est sa méthode de travail. L’homme assis semble un peu perdu, seul, avec une moue amusante.

Au premier plan, la vitre du bistrot rappelle le cadre d’un tableau – HCB a fait ses classes dans l’atelier du peintre André Lhote. A l’intérieur, Cartier-Bresson, le compas dans l’œil, joue avec la géométrie. A l’horizontal, la blancheur des nappes sur les tables, des rangées de verres. A la verticale, le noir du costume de l’homme, la canne sur laquelle il s’appuie, les chaises derrière lui.

«Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur». C’est à cette philosophie que répondent 120 clichés du célèbre photographe exposés à la Maison Européenne de la Photographie.

Beaucoup sont connues du grand public. Sartre fume sa pipe sur le pont des Arts, les CRS envahissent le boulevard Saint-Michel en 1968.

Mais le visiteur découvre ou redécouvre toujours ces clichés avec plaisir. Derrière chacun d’eux, il devine toute la patience dont a dû faire preuve HCB pour saisir l’instant. Posté dans une ruelle du Trastevere à Rome, il a sans doute attendu longtemps avant qu’une fillette s’inscrive dans un carré de lumière, dessiné sur les pavés.

Patient et poète, Cartier-Bresson se considérait d’abord comme un surréaliste. Il a beau être le fondateur de l’agence Magnum et l’auteur de clichés sur la guerre d’Espagne, il a toujours refusé l’étiquette de photojournaliste. «La photo ne veut rien dire, elle ne dit rien, elle ne prouve rien», confiait-il.

Elle peut pourtant faire réfléchir. A voir un bourgeois bedonnant regarder dubitatif un graffiti: «Jouissez sans entrave», on pense au conflit des générations ou aux manifestations de mai 68.

Toute sa vie, jsuqu’à sa mort en 2004, Henri Cartier Bresson a fui les objectifs qu’il manipulait pourtant avec bonheur. Pour mieux s’immiscer parmi ses sujets, il tenait à conserver l’anonymat.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Culture

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s