Les intérimaires, au coeur de la lutte pour la régularisation des travailleurs sans papiers

«On bosse ici… On vit ici… On reste ici…» Tel est le message qu’ont voulu faire passer plus de 200 manifestants, rassemblés sur la place Saint Michel (5ème) à Paris, ce mercredi 15 avril. Ils étaient réunis pour fêter le premier anniversaire de la lutte des travailleurs «sans papiers», et surtout dénoncer les lenteurs de l’administration française à accorder titres de séjours et autorisations de travail.  A l’origine de cette manifestation, l’Union syndicale de la CGT d’Ile-de-France, dont les drapeaux rouges flottaient au-dessus de la foule. Sur les banderoles, on pouvait lire: «Régularisation pour tous les sans papiers» ou encore «Travailleurs français et immigrés, égalité des droits». 

Tout a commencé exactement douze mois plus tôt, avec une grève de salariés sans-titres de séjour. «Ils étaient 200 grévistes au départ. Au final, on a eu plus de 1.500 régularisations!» a insisté Francine Blanche, secrétaire de la CGT chargée des droits des travailleurs. De plus, 500 salariés dits «isolés» car ils ne pouvaient pas manifester, ont également été régularisés. Depuis, des progrès ont été faits : tous les salariés vivant en France depuis cinq ans et travaillant depuis un an peuvent prétendre à la régularisation. Autre conquête: une note ministérielle datée du 2 décembre 2008, qui précise les critères applicables aux salariés intérimaires.

La question de l’intérim était en effet au cœur du débat, ce 15 avril. Selon un communiqué de l’Union Syndicale de l’Intérim (CGT),  les intérimaires d’Adecco, Vediorbis-Randstad, ManPower, Triangle ont obtenu que les dirigeants des agences remplissent les Cerfas [formulaires administratifs] pour engager la procédure de régularisation. Mais du côté d’entreprises comme Bouygues et Veolia, rien de tel.

Souleyman, un Sénégalais de 25 ans, habite en France depuis deux ans et travaille «au noir», parce qu’«il n’a pas le choix». Sa demande de régularisation n’a toujours pas abouti.  Malgré le cadre légal fixé par la note ministérielle du 2 décembre, les Préfectures continuent le blocage administratif en refusant des dossiers. A titre d’exemple, «des autorisations de séjour sont délivrées sans autorisation de travail», souligne Francine Blanche, qui dénonce ces administrations qui «traînent des pieds».

Linh-Lan Dao

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Classé dans Société

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