Colombe Schneck: «je ne suis pas consensuelle, je déplais à trop de gens»

«C’est un peu égoïste, mais je choisis mes sujets de chronique en fonction de ce qui m’intéresse, moi». Colombe Schneck joue la franchise. Et visiblement, ça marche. C’est cette franchise qui lui permet d’intéresser chaque matin des millions d’auditeurs de France Inter. Et qui fait que, chaque midi, son émission sur I-Télé cartonne tout autant. C’est qu’elle court pas mal, Colombe Schneck. Journaliste, écrivaine à ses heures perdues – qui ont l’air plutôt rares – elle cumule avec bonheur les casquettes. Alors quand elle prend le temps de se poser deux heures dans un café à Odéon, pour parler aux membres de Women Watch, l’association étudiante de Sciences Po qui l’a invitée, les questions fusent. Les filles demandent des conseils, expriment leur admiration: «C’est un petit brin de femme, mais elle déménage!», glisse l’une, tandis que Colombe Schneck sort récupérer son vélo pour aller chercher ses enfants à l’école. Un peu «bobo», oui, mais n’est pas chroniqueur Inter qui veut…

Bobo, mais pas déconnectée, Colombe Schneck. La«chronique mignonnette», celle qu’on garde toujours pour les filles, ça ne l’intéresse pas. Ni flash info, ni météo, elle est journaliste. Autant que les garçons. Et elle en a marre de ces journalistes femmes qui répètent dans toutes leurs interviews: «c’est arrivé par hasard, ce métier m’est tombé dessus»… Pour Colombe Schneck, c’est simple: «on ne supporte pas trop d’assurance chez une fille. Pour un homme, c’est glorieux, mais pour nous, non!». Alors elle le dit et le redit: «Pourquoi les filles enquêtent-elles et les garçons chroniquent-ils? On peut tous réfléchir et être critiques. Soyez persévérantes, revenez à la charge!».

Et les quelques rares garçons autour de la table en prennent pour leur grade. Pourtant, elle aurait voulu qu’ils viennent plus nombreux.  «Eh bien! Vous n’êtes pas beaucoup!». Puis elle a commandé un thé. «Earl Grey, deux sucres, une tranche de citron». De son débit ultra rapide. «Quand on n’est pas dans le moule, on ne trouve pas sa place». Et elle sait de quoi elle parle, elle qui évoque volontiers sa «coach vocal» qui lui a appris à aimer sa voix. Et à ralentir. Un tout petit peu.

Informer sans jamais vraiment trop se prendre au sérieux

Frêle mais rebelle, elle sait où elle va. Elle écoute toujours, mais n’obéit pas tout le temps. «Je ne suis pas consensuelle, je déplais à trop de gens», reconnaît Colombe Schneck. Elle se remémore volontiers quelques courriers d’auditeurs, furieux. «Certains écoutent France Inter depuis trente ans, c’est LEUR radio, un peu de leur famille, alors ils ne supportent pas que je déboule comme ça, en riant fort et en parlant vite», dit-elle… en riant, justement. Le divertissement, elle y a été parachutée un moment. «Nulle part ailleurs», «L’Appartement», «le Fou du Roi», elle est passée par toutes ces émissions. Mais ce qu’elle aime, elle, c’est l’info. Son rêve d’enfant, c’était de rentrer au «Monde». Elle a été un temps correspondante pour le quotidien du soir à New York. Maintenant, ses amours, c’est la radio et ses romans. Et il paraît qu’il y en a un en préparation. Affaire à suivre…

A lire, de Colombe Schneck: « L’increvable Monsieur Schneck», édition Stock

« Sa petite chérie», éditions Stock,

«Val de Grâce», éditions Stock.

A écouter: sur France Inter, «J’ai mes sources» du lundi au vendredi de 9h35 à 10h

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Classé dans Culture, Société

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