Paroles de réalisateurs

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Thorsten Schütte (caméraman à droite de l’image) est l’un des réalisateurs invités au Festival du Film des Droits de l’Homme. Nous l’avons rencontré lors de la projection de son dernier documentaire: «Land matters». Un film que le réalisateur allemand a consacré à la redistribution des terres en Namibie, un pays qui, comme l’Afrique du Sud, a connu l’apartheid. Entretien.

Comment avez-vous connu ce festival?

Par hasard. J’ai reçu un mail m’invitant à postuler. C’est ce que j’ai fait et j’ai été retenu. J’imagine que les organisateurs avaient vu mon film au festival «One world» à Berlin. J’ai beaucoup d’admiration pour ceux qui organisent ce genre de festival. Peu de monde vient à ce type d’événements. On est un peu comme des musiciens qui font le déplacement et se retrouvent à jouer devant deux personnes. J’aime ce genre de festivals mais j’aime surtout quand mes films sont projetés en Afrique parce que les spectateurs sont directement concernés par les thèmes que j’aborde. Ici les gens n’ont pas le même regard sur mes documentaires. Ils ressortent de la salle en se disant «ah c’était intéressant !».

En quoi votre documentaire traite-t-il des droits de l’homme ?

Bonne question ! (rires) Mon film parle des Droits de l’Homme dans le sens où on y aborde des cas de personnes dépossédés de leurs terres et d’autres qui espèrent se voir attribuer une partie de ces terres.

Comment avez vous entendu parler de ce sujet?

Je travaille en Namibie depuis 2002. J’ai fait un premier film sur la génération qui n’a pas connu l’apartheid mais qui en reste marquée ne serait-ce que par ce que leur disent leurs parents. Il a été très difficile pour moi de faire mon deuxième documentaire. Les journalistes occidentaux ont plutôt une mauvaise image auprès de la population namibienne. Au moment où je commençais mon second film, le premier est passé à la télévision. Beaucoup de Namibiens l’ont vu, l’ont trouvé équilibré et plutôt objectif. C’est comme cela que j’ai pu gagner leur confiance et commencer mon second documentaire.

Votre film est-il militant ?

Non ! La question s’est posée de faire ou non un film militant. J’ai choisi de ne pas le faire. Ce documentaire se veut un outil qui crée le débat. Si j’avais pris position, je me serais privé d’une partie de mon audience : les propriétaires blancs. Le débat n’aurait pas eu lieu dans ce cas. Or je voulais un débat qui permette une coopération entre les deux camps.

S.L et A.S

(Crédit photo : One World 2008 Festival)

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